Egypte Louvre-Passion :

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Nom du site : Egypte Louvre-Passion
Description : Le musée du Louvre vu par un passionné : l’actualité, des coups de cœur, des promenades et des chemins de traverse à découvrir.
URL : http://louvre-passion.over-blog.com/categorie-147223.html
Rubriques : Autres, Les musées d'Egypte
 

Derniers articles de ce site :

Parlez-vous l'Elamite ? publié le vendredi 18 juillet 2014

Au cours de l'émission à laquelle j'avais été invité au mois de mai dernier, le Directeur du Louvre-Lens évoquait le « mythe » des réserves du Louvre en ces termes : « Il y a, par exemple, des milliers de tablettes gravées de textes en cunéiforme, passionnantes pour un chercheur, mais un peu lassantes pour le public qui ne parle pas couramment l'Elamite ».

Cette remarque a éveillé ma curiosité et je suis parti à la découverte d'oeuvre Elamites. Au rez-de-chaussée de l'aile Sully, j'ai donc trouvé la salle 10 consacrée à « la Susiane à l'époque médio-élamite ». J'ai donc le plaisir de vous présenter cette magnifique brique avec une inscriptions de l'époque du roi Shilhak-Inshushinak (XIIe siècle avant J.-C.). Là, je vois qu'une bonne partie de mes lectrices et lecteurs sont un peu perdus, car, comme moi vous ne parlez pas couramment l'Elamite et cette période historique vous est obscure. Mais rassurez-vous, voici quelques explications.

La brique élamiteL'Elam est le nom ancien d?une région du sud ouest de l?Iran, elle fut de tout temps en étroite relation avec la Mésopotamie et sa capitale était Suse, ville qui fut plus tard une des capitales de l'empire Perse. Durant l'antiquité l'Elam fut tantôt une province, tantôt un état indépendant. La brique que je vous présente date du règne du roi Shilhak-Inshushinak (de -1150 à -1120). Il est le fils de Shutruk-Nahhunte, et son règne est considéré comme marquant l'apogée du royaume élamite. Il continue les conquêtes de ses deux prédécesseurs, mais échoue lorsqu'il veut reprendre Babylone.

Shilhak-Inshushinak a également réalisé de nombreuses restaurations de temples, surtout dans la ville de Suse, où il a rebâti les temples des dieux Inshushinak et Ninhursag.  

La brique est écrite en cunéiforme, écriture qui naît en Mésopotamie vers 3.300 avant notre ère pour disparaître au début de l'ère chrétienne. Elle a été utilisée dans tout le Proche-Orient antique et a servi d'écriture pour de nombreux peuples : Les Akkadiens, les Sumériens, les Elamites? Les pharaons d'Egypte eux-même l'utilisaient pour leurs correspondances diplomatiques. Le nom de « cunéiforme » lui a été donné par les premiers découvreurs, au début du XVIIIe siècle, qui trouvaient que les inscriptions ressemblaient à des clous ou des coins (cunéus en latin).

Selon le cartel du Louvre le texte, daté de 1140 avant J.-C, se traduit ainsi :

"Je suis Shilhak-Inshushinak, fils de Shutruk-Nahhunte, serviteur aimé d'Inshushinak. Le temple d'Inshushinak avait été construit en briques crues et comme il se dégradait, je l'ai reconstruit en briques cuites, avec une structure de briques émaillées où j'ai fixé des montants d'or. Pour ma vie, pour la vie de Nahhunte-utu, mon épouse, et la vie de ses enfants, pour notre prospérité, je l'ai voué à Inshushinak, le seigneur de l'Acropole, mon dieu. Et j'ai recopié sur la nouvelle brique de fondation les noms des rois de mon royaume, mes prédécesseurs. (Voilà ce que) j'ai restauré et reconstruit. O Inshushinak, mon dieu, j'ai oeuvré : que ce que j'ai accompli te soit agréable en offrande !"

Sur ces belles paroles du roi Shilhak-Inshushinak, Louvre-passion marque une pause pour cette période estivale.

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Les "pots à oille" W... publié le vendredi 04 juillet 2014

A l?occasion de l?ouverture des nouvelles salles des objets d?arts, le musée du Louvre et la Société des Amis du Louvre se sont associés pour acquérir « deux pots à oille » et leurs plateaux pour un montant total de 5,5 millions d?euros. Cet ensemble est considéré comme un chef-d??uvre de l?orfèvrerie parisienne du XVIIIe siècle.

A cette époque le « pot à oille » connaît un grand succès sur les tables. Son nom vient du mot "olla" qui, en espagnol, désigne un ragoût de viandes, plat importé d'Espagne par la reine Marie-Thérèse épouse de Louis XIV. Les pots à oille servirent tout au long du XVIIIe siècle à présenter les viandes en sauce dans le service dit « à la française » mis en place sous Henri III et codifié au XVIIe siècle. Son principe consistait à disposer sur la table une succession de plats appelés « services » à l'attention des invités qui se servaient eux-mêmes. Les services dont le nombre variait de 3 à 8 exigeaient beaucoup de vaisselle. Entre chaque service la table était débarrassée des plats qui l'encombraient. Depuis le milieu du XIXe siècle nous avons adopté un service plus simple où les plats sont apportés successivement (entrée, plats, dessert?).

Hormis le fait de nous apprendre un nouveau mot, ces plats à oille ont un intérêt historique. En effet la plupart des pièces de l?argenterie royale ont disparu, soit à cause des fontes de vaisselle ordonnées par Louis XV pour financer la guerre de Sept ans, soit par les destructions de la période révolutionnaire. Commandés en 1726 à l'orfèvre Nicolas Besnier par le diplomate Horatio Walpole, ambassadeur auprès du jeune Louis XV, ces pots à oille sont gravés au nom du roi Georges 1er d'Angleterre et à celles de Walpole. Ces pièces sont représentatives d?une période de transition dans les arts décoratifs. Leurs formes régulières et leur symétrie sont l'héritage de l'époque de Louis XIV, les rocailles en agrafes et les enroulements des pieds annoncent le style rocaille caractéristique du règne de Louis XV.

pot oille2Cette époque est aussi celle d?une évolution dans les habitudes de tables de l'aristocratie. A l'époque de Louis XIV tout était codifié par l'étiquette de la cour, les  invités aux dîners royaux se réjouissaient d'être les acteurs d'un spectacle. A la mort du grand roi, en 1715, Philippe d'Orléans devient régent du royaume car le petit Louis XV n'a que 5 ans. Il préfère Paris à Versailles et les soupers intimes aux repas de cour. Louis XV le suit dans cette voie. Il invite ses familiers à des repas où les serviteurs sont exclus afin que les convives puissent apprécier en toute tranquillité des mets délicats servis dans de  la porcelaine fine et une somptueuse argenterie, le tout dans une atmosphère d'élégance et de galanterie.

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Les nouvelles salles du départ... publié le vendredi 20 juin 2014

La réouverture des salles des objets d'art est ainsi « sous-titrée » par le Louvre « De Louis XIV à Louis XVI, un art de vivre à la française ».

Près de deux mille objets, répartis dans trente-trois salles sont présentés au public dans ce nouveau parcours ouvert depuis le 6 juin 2014. Ces collections, principalement d?origine royale et princière nous offrent un large panorama de la décoration intérieure et de la production des grandes manufactures du règne de Louis XIV à la Révolution.

Le circuit est organisé selon une séquence chronologique. On commence par le faste du règne de Louis XIV, puis on passe au style « rocaille » de la Régence et du règne de Louis XV, style qui marque la volonté de revenir à un mode de vie simple et plus confortable. A partir des années 1750 ? 1760 c'est l'émergence du style néo-classique qui prône le retour à l'antique inspiré par les premières découvertes archéologiques. Le parcours se termine par les salles consacrées à Marie-Antoinette et la « douceur de vivre » qui précède la tourmente révolutionnaire.

Comme dans la plupart des grands musées des « period rooms » accompagnent cette présentation. Cette dénomination anglo-saxonne peut se traduire par « pièces d'époque », ce sont des espaces aménagés et meublés afin de recréer des intérieurs d'époque. Ces nouvelles ne présentent pas seulement des objets d'art mais également des peintures et des sculptures mises à disposition par les autres Départements du musée. Comme je sais que beaucoup de lecteurs n'ont pas la chance d'habiter à proximité du Louvre, je vous propose une promenade en vidéo qui vous donnera un aperçu de ces nouvelles salles.

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Une vaisselle encyclopédique publié le vendredi 06 juin 2014

Ayant la chance de pouvoir visiter fréquemment au Louvre j'ai le loisir d'y dénicher parfois des pépites ignorées du flot de touristes pressés. Un des « chemins de traverse » que j'affectionne se situe au Département des objets d'art au premier étage de l'aile Richelieu. Dans la salle 71 qui forme une sorte de recoin j'y ai ainsi découvert un « service encyclopédique » de la manufacture de Sèvres. Ce service fut offert en 1806 par Napoléon à Hugues-Bernard Maret, alors ministre secrétaire d'état, pour le remercier de son rôle dans le mariage de Stéphanie de Beauharnais, une jeune cousine de Joséphine, avec le prince héritier du grand duché de Bade. Trois ans plus tard Hugues-Bernard Maret fut anobli par Napoléon qui le fit Duc de Bassano, il resta toujours fidèle à Napoléon, le servant jusqu'en 1814 et pendant les Cent jours.
Pour réaliser ce service la manufacture de Sèvres fit appel au peintre Jacques-François Joseph Swebach dit Fontaine qui s'inspira des planches illustrées de « L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers » de Diderot et d'Alembert. L'artiste ne se contenta pas de copier les planches mais les recomposa pour créer une ?uvre originale. A noter que ce service fut offert au Louvre en 2007 par une descendante du Duc de Bassano.

Service encyclopédique (1)L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert est un ouvrage collectif représentatif de l'esprit  des philosophes du XVIIIe siècle. Dans le prospectus de l'ouvrage Diderot écrit : « Le but d'une encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre, d'en exposer  le système général aux hommes avec qui nous vivons ? afin que nos neveux devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux ». Ce qui était innovant dans cet ouvrage était de permettre une vulgarisation scientifique pour un large public. Assez conservatrice en matière politique, l'Encyclopédie se montre critique vis à vis de la religion. L'habilité des rédacteurs consistant à glisser leurs attaques dans les rubriques telles que « préjugé », « superstition » ou « fanatisme ». Publiée entre 1751 et 1765 l'Encyclopédie subit des interdictions en 1752 et 1759 et fut condamnée par le Pape en 1759. Ce sont finalement ses partisans dans l'opinion et à la Cour, y compris la marquise de Pompadour, favorite du roi Louis XV, qui assurèrent son existence.

Service encyclopédique (4)

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Louvre passion dans "La Q... publié le vendredi 23 mai 2014

Jeudi 22 mai, hier donc, le thème du dossier de l?émission « La Quotidienne » sur France 5 était : « Les musées, trop chers et trop élitistes ? ».

Si l?année 2013 a été marquée par un pic de fréquentation avec 62 millions de visiteurs dans les musées Français, la question du prix à payer fait toujours débat. Malgré les journées gratuites, les tarifs réduits les événements tels que la « nuit des musées », une enquête a révélé que, l?année dernière, 25% des Français ont renoncé à visiter une exposition à cause du prix à payer.

Quel rapport avec le blog « Louvre-passion » allez-vous me dire ?

Eh bien il se trouve que j?ai été invité à donner mon modeste point de vue en tant que « témoin » aux côté de deux spécialistes; Xavier Dectot, Directeur du Louvre-Lens et Vincent Poussou, directeur des publics et du numérique à la Réunion des musées nationaux.

Quotidienne

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Naissance d?un musée - Louvre ... publié le vendredi 16 mai 2014

Avant son ouverture, prévue en décembre 2015, le Louvre Abu Dhabi présente à Paris cent cinquante pièces de sa jeune collection, des ?uvres achetées sur le marché de l?art depuis 2009.

Le Louvre Abu Dhabi fait partie d?un ambitieux complexe touristique de luxe situé sur l'île de Saadiyat non loin de la capitale de l'émirat. Il comprendra des palaces, des golfs et quatre musées dont la construction a été confiée à des architectes mondialement connus : Jean Nouvel pour le Louvre Abu Dhabi, Franck Gehry pour la Fondation Guggenheim, Tadao Ando pour le musée maritime et l'agence Foster + Partners pour le musée national du cheik Zayed.

La création du Louvre Abu Dhabi résulte d?un accord intergouvernemental signé entre la France et les Émirats arabes unis en mars 2007. Plusieurs grands musées Français (Le Louvre, Orsay, le Quai Branly, Versailles, le musée Guimet...) se sont associés afin d?aider les autorités émiriennes pour la conception muséographique, apporter une expertise scientifique et prêter des oeuvres. En contrepartie l'émirat d'Abou Dabi versera près d'un milliard d'euros dont 425 M? pour le seul musée du Louvre. Cette somme étant essentiellement une redevance pour le droit d'usage de la marque "Louvre" pendant 30 ans (400 M?) et 25 M? de mécénat pour le développement du musée. Critiqué à ces débuts, le projet a été qualifié par le Président de la république de « plus grand projet culturel de la France à l'étranger ».

Affiche Abou DabiA l?entrée de l?exposition nous découvrons une présentation du futur musée à travers une maquette et des vidéos. Les deux tiers du bâtiment seront recouverts par une coupole de 180 mètres de diamètre afin de protéger les visiteurs et les ?uvres du soleil.

Le déroulement de l?exposition s?inspire un peu de la « Galerie du temps » du Louvre Lens, la progression chronologique mêlant toutes les civilisations. On passe ainsi d?une princesse de Bactriane (Asie centrale) du IIIe millénaire av. JC à une sphinge archaïque Grecque. Plus loin un Bodhisattvas voisine des statues romaines dont le drapé du costume est très similaire.

La représentation du sacré ne se cantonne pas au seul Islam mais s?attache à évoquer tous les grands phénomènes religieux. Un Christ montrant ses plaies créé en Bavière vers 1520 côtoie une figure soninké du Mali représentant un être mythique, un Shiva dansant de l?Inde du sud du Xe siècle, une Bible gothique, un Coran de Damas de la deuxième partie du XIIIe et des oeuvres de moines Bouddhistes Zen du Japon des XVIe et XVIIIe siècle. Côté orfèvrerie on remarque un magnifique bracelet en or figurant des lions en provenance d?Iran (VIIIe ? VIIe siècle av. JC) et une fibule d?or, c?est-à-dire une broche servant à fermer un vêtement, en forme d?aigle provenant de l?Italie du Ve siècle de notre ère.

La peinture française est bien représentée avec « L?Évanouissement d?Esther » peint en 1730 par François de Troy, « En forêt de Fontainebleau » de Corot, Les « enfants luttant » de Paul Gauguin (1888), « Le Bohémien » d?Edouard Manet (1861 ? 1862) et la « Partie de bésigue » de Gustave Caillebotte (1881).

On termine sur des ?uvres des XXe et XXIe siècle, « La lectrice soumise » de René Magritte (1928), un portrait de femme de Picasso, un mobile de Calder, une « Anthropométrie » d?Yves Klein (1960) et neuf panneaux peints par Cy Twombly en 2008.

Naissance d?un musée - Louvre Abu Dhabi, Hall Napoléon jusqu?au 28 juillet 2014.

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Le trésor de l?abbaye de Saint... publié le vendredi 02 mai 2014

Affiche expo abbayeL'abbaye Saint-Maurice d?Agaune dans le Valais Suisse fêtera au mois de septembre ses mille cinq cents ans d'existence. Les travaux préalables à cet anniversaire sont l'occasion pour le Louvre d'exposer les pièces majeures du trésor de l'abbaye.

Selon un texte écrit au Ve siècle par Eucher de Lyon, Maurice était le chef de la légion de Thèbes en haute Egypte. Cette légion fut envoyée par l'empereur Maximien pour combattre les bagaudes, des soldats déserteurs et des paysans révoltés qui rançonnaient une partie de la Gaule. Maurice, ayant refusé en tant que chrétien de sacrifier aux dieux, fut massacré avec ses compagnons sur ordre de l'empereur. Un siècle plus tard un évêque ayant vu en rêve le lieu de leur martyre fit exhumer leurs restes et fonda une basilique. En 515  le prince burgonde Sigismond établit une abbaye vouée à la louange de dieu et au culte de saint Maurice qui devient le patron du Saint Empire romain germanique. La vénération qui lui fut vouée tout au long du moyen-âge permit à l'abbaye de constituer un trésor issu des dons des princes et des souverains. Ce trésor a d'ailleurs traversé les siècles presque sans dommages, un inventaire fait en 1577 montre qu'il y eu très peu de pertes.

Au début de l'exposition une statue de saint Maurice le représente sous les traits d'un africain. Réalisée en 1240, elle s'inspire de la garde africaine de l'empereur Frédéric II qui avait beaucoup impressionnée les contemporains. Certaines pièces du trésor sont d'origine romaine et "réutilisées" comme le vase de sardoine dit de saint Martin qui date du Ier siècle. De nombreux reliquaires sont exposés, comme le coffret reliquaire du prêtre Teudéric. Le vase dit de saint Martin   qui aurait recueilli le sang des martyrs est un exemple d'orfèvrerie mérovingienne avec une monture de grenats cloisonnés rehaussée de saphirs et d'émeraudes. Le roi Saint Louis qui désirait répandre le culte de Saint-Maurice en France obtint de l'abbaye des reliques du saint. En échange il offrit un reliquaire contenant une épine de la couronne du Christ qu'il avait acheté à l'empereur byzantin Baudouin II ainsi qu'une bible glosée Parisienne. Enfin  l'affiche représente le Chef-reliquaire de saint Candide, un compagnon de saint Maurice qui fut décapité.

Le trésor de l?abbaye de Saint-Maurice d?Agaune, jusqu'au 16 juin 2014 ? Aile Richelieu, entresol.

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New frontier III publié le vendredi 18 avril 2014

Cette exposition est le troisième opus de la collaboration entre le Louvre, la « Terra nova Foundation for American Art » et deux musée américains. Le terme « New frontier » renvoyant au thème de la conquête de l?Ouest très important dans l?imaginaire américain.

Cette troisième étape met en regard cinq portraits anglo-américains à l?époque de la Révolution qui va conduire à l?indépendance et à la création des États-Unis d?Amérique autour de la figure emblématique du général George Washington (1732-1799), devenu le premier président des États Unis en 1789. Si cette période de l?histoire du continent américain ne vous est pas familière, en voici les grandes lignes.

Tout commence avec la « guerre de Sept Ans » entre 1756 et 1763, un conflit qui implique la plupart des puissances européennes pour le contrôle de l?Allemagne et la suprématie coloniale. L?Angleterre réclame alors à ses treize colonies une contribution financière pour les dépenses de la guerre. Mais les colonies anglaises, habituées à une certaine indépendance (assemblées politiques élues, vote des budgets), refusent les charges fiscales imposées par Londres. Le conflit se poursuit lorsqu?en 1773, le monopole de la vente du thé en Amérique fut accordé par le Parlement britannique à la Compagnie anglaise des Indes orientales. Cette décision déclencha une nouvelle crise. Les cargaisons de thé des navires de la Compagnie des Indes furent détruites par les habitants de Boston lors de la « Boston Tea Party ».

La guerre de l?Indépendance américaine (1776-1783) entre les Britanniques et les treize colonies insurgées (Massachusetts, New Hampshire, Connecticut, Rhode Island, New York, New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Sud, Caroline du Nord et Géorgie) débuta le 17 juin 1775, avec la bataille de Bunker Hill. Militairement, l?armée américaine, essentiellement formée de volontaires, était nettement inférieure à l?armée britannique, renforcée de 20 000 mercenaires allemands. Battu à la bataille de Long Island, en août 1776, George Washington fut contraint d?abandonner New York aux Britanniques. Ce fut ensuite le tour de Philadelphie, un an plus tard, en septembre 1777. La première victoire américaine fut la bataille de Saratoga, le 17 octobre 1777. Celle-ci marqua un tournant dans la guerre de l?Indépendance. La France vit dans l?insurrection américaine l?occasion d?une revanche sur le Royaume-Uni. En janvier 1778, les généraux La Fayette et Rochambeau prirent le commandement d?un corps expéditionnaire français envoyé en Amérique afin de soutenir militairement les révolutionnaires américains. La capitulation des Britanniques à Yorktown, le 19 octobre 1781, fut décisive et consacra la victoire des Américains. L?indépendance des États-Unis fut officiellement reconnue par la Grande-Bretagne à l?issue des traités de Paris et de Versailles (3 septembre 1783)

L?exposition nous dévoile plusieurs portraits de Georges Washington général pendant la guerre de l'Indépendance américaine, puis premier président des États-Unis. Après avoir quitté ses fonctions en 1797, Washington prit sa retraite à Mount Vernon et y mourut le 14 décembre 1799. Il fut longtemps le symbole de l'identité américaine, tout comme le drapeau, la Constitution et le 4 Juillet.

Tout d?abord ce portrait dû à Charles Wilson Peale, représentant Washington en commandant en chef de l?armée américaine.

Washington PealeSur cette toile de Gilbert Stuart peinte en 1797, Washington n?est plus le fringant général mais le président et le père de la patrie, un politique qui affiche l?austérité du fondateur de la république.

Washington Gilbert StuartCôté Anglais portrait du lieutenant Robert Hey of Spott par Henry Raeburn.

Robert Hey of SpottPour finir, une autre toile de Gilbert Stuart représentant Hugh Percy, deuxième duc de Northumberland. Cet officier supérieur britannique remporta plusieurs victoires sur les américains entre 1775 et 1776. L?année suivante il se retira du conflit en signe de désaccord avec le haut commandement britannique et son inhumanité.

Hugh PercyNew Frontier III jusqu?au 28 Avril 2014 - Aile Denon, 1er étage, salle 32.

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Des visiteurs inattendus publié le vendredi 04 avril 2014

J'étais au Louvre vendredi dernier lorsque j'ai entendu des bruits inhabituels sous la pyramide. Je me suis approché pour découvrir une quinzaine de moutons un peu perdus dans cet environnement sans doute très inhabituel pour eux.

Il s'agissait en fait d'une manifestation de la confédération paysanne dénonçant la politique gouvernementale qui « envoie les paysans au musée » en pénalisant les petites exploitations (voir l'argumentaire ici).

De ce bref moment d'actualité j'ai fait cette petite vidéo que je vous invite à découvrir.

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Le sceptre de Charles V publié le vendredi 21 mars 2014

Parmi les pièces du département des objets d?art on peut admirer le sceptre de Charles V, en or orné de rubis verres colorés et perles. Le cartel nous apprend que la statuette représente Charlemagne et, sur le n?ud, trois apparitions de saint Jacques à Charlemagne. En fait la dénomination de l?objet n?est pas exacte puisque le sceptre faisait partie des objets préparés pour le sacre de son fils, le futur Charles VI. Il faisait partie des « Regalia », c'est-à-dire les objets du sacre qui étaient conservés à l'abbaye de Saint-Denis. Durant la Révolution Française, ces objets furent déposés au nouveau musée du Louvre.

Sceptre de CharlesV MS 83 (2)Le roi Charles V (1338 ? 1380) commence son règne dans des conditions difficiles. Lors de la bataille de Poitiers son père, le roi Jean II le Bon, est capturé par les Anglais. Charles doit assurer la régence durant une période troublée. La défaite de la chevalerie française et les bandes de soldats pillards qui terrorisent le royaume provoquent de graves troubles. A Paris, lors d?une insurrection menée par le prévôt des marchands, Etienne Marcel, les émeutiers envahissent le palais du dauphin et tuent ses conseillers devant lui. Dans les campagnes les paysans se révoltent contre les nobles rapaces qui les pressurent de taxes et sont incapables de les défendre. Cette période funeste se termine après que Charles négocie avec les Anglais le traité de Brétigny en mai 1360 par lequel Jean II, en échange de sa libération, cède à l'Angleterre le sud-ouest de la France et une partie du nord. Couronné à la mort de son père, en 1364, Charles V reprend la guerre contre les Anglais. Il a l?intelligence de confier le commandement de ses armées à Bertrand Du Guesclin qui mène une guerre « moderne » parfois proche de la guérilla et préfère prendre les places fortes de l?ennemi une à une plutôt que livrer des batailles rangées. Grâce à cette tactique la plupart des territoires sont récupérés. Entouré de conseillers avertis Charles établit des impôts permanents, relève la monnaie et renforce les institutions monarchiques

Charles V a entretenu un rapport particulier avec le Louvre, c?est sans doute le seul souverain qui a « aimé » ce palais. Dès son avènement il fait transformer l?ancienne forteresse de Philippe-Auguste en palais habitable, en effet il a gardé un mauvais souvenir du palais de la cité que les émeutiers d'Etienne Marcel avaient envahi durant sa jeunesse. Le Louvre devient alors un cadre de vie de cour et un espace pour le cérémonial royal. Le palais reste tout de même une enceinte fortifiée, le roi fait construire un pont-levis pour assurer sa sécurité et celle de la reine. Un grand jardin est aménagé dans lequel poussent des lis, des roses blanches et des herbes aromatiques. On aménage aussi la "Librairie du roi" dans trois étages de la tour de la Fauconnerie, une bibliothèque de plus de 2.000 manuscrits, préfiguration de la bibliothèque royale, puis nationale. La maquette du palais de Charles V est exposée à l?entrée du Louvre médiéval.

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Le voyage de l?obélisque Louxo... publié le vendredi 07 mars 2014

Il mesure 23 mètres de haut, pèse près de 230 tonnes et c?est le plus vieux monument de Paris. C?est l?obélisque de la place de la Concorde qui est tellement bien intégré dans le paysage parisien qu?on ne le remarque même plus dans les embouteillages.

Comment ce monument érigé devant le temple de Louxor par le Pharaon Ramsès II il y a plus de trois mille deux cent ans est-il arrivé en France ? Qui a décidé ce transfert ? Comment l?obélisque a-t-il été démonté puis remonté ? Telles sont les questions auxquelles répond cette exposition du musée de la Marine, que je remercie au passage pour la mise à dispositions des visuels qui ont servi à illustrer cet article.

Avant toute chose, vous vous demandez sans doute pourquoi une exposition « Egyptologique » est-elle organisée par ce musée ?

affiche obélisque

Affiche de l?exposition ? conception graphique : olotropp

Apprenez avec moi, car je l?ignorais auparavant, que toute cette opération fut réalisée par la Marine. En effet il fallait un navire pour transporter l?obélisque des rives du Nil à celles de la Seine et la Marine avait aussi les ingénieurs capables de mettre au point les délicates opérations de démontage et remontage.

Dans l?Egypte antique, les obélisques symbolisaient des rayons de soleil pétrifiés, un point de contact entre le monde des dieux et celui des humains. A partir du nouvel empire les Pharaons les érigent par paires à l?entrée des temples et y font graver leurs exploits et leurs hommages aux dieux. Que raconte notre obélisque ? A vrai dire pas grand-chose. C?est un panégyrique général à la gloire de Ramsès II qui règne de1279 à 1213 avant notre ère, sans aucun renseignement historique. Sur les quatre faces le même motif, en haut le Pharaon à genoux offre du vin au dieu Amon en dessous trois colonnes verticales de hiéroglyphes. Dans la colonne centrale, il assure qu?il a approvisionné la demeure d?Amon. Dans les colonnes latérales il fait savoir que les chefs des pays étrangers sont à ses pieds et que tous les peuples lui sont soumis.
Comment je sais tout ça ? Eh bien je n?ai pas le grand savoir de notre estimé rédacteur du blog « EgyptoMusée », mais j?ai lu l?excellent ouvrage de Robert Solé « 
Le grand voyage de l?obélisque » paru en 2004 dans lequel on trouve la traduction de l?égyptologue Bernadette Menu.

louxor obélisque

Façade du temple de Louxor, vers 1800, aquarelle. François-Charles Cécile (1766-1840). © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Les frères Chuzeville

Mais revenons à notre histoire. Tout commence au début du XIXe siècle, en France le souvenir de l?expédition d?Egypte de 1798 est très présent même si les Anglais furent finalement vainqueurs et saisirent toutes les pièces archéologiques comme « prise de guerre ». En 1822 les Français prennent une revanche pacifique quand Jean-François Champollion annonce qu?il a percé le secret des hiéroglyphes.

En 1829 le vice-roi d?Egypte Mohammed Ali aspire à l?indépendance, il a besoin de l?appui des puissances européennes dans son combat contre le sultan ottoman. Pour lui les vestiges antiques sont soit des matériaux de construction soit des outils politiques. Il propose à la France et à l?Angleterre de leur céder ce qu?il appelle les « aiguilles de Cléopâtre » situées près d?Alexandrie, ce qu?il formule ainsi : « Je n?ai rien fait pour la France que la France n?ait fait pour moi. Si je lui donne les débris d?une vieille civilisation, c?est en échange de la civilisation nouvelle dont elle a jeté les germes en Orient. Puisse l?obélisque de Thèbes arriver heureusement à Paris et servir éternellement de lien entre ces deux villes ».

vice roiMéhémet-Ali, vice-roi d?Égypte (1769-1849), huile sur toile, 1840. Louis Charles Auguste Couder (1789-1873). © RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/Gérard Blot

Le gouvernement du roi Charles X s?empresse d?accepter cette proposition par calcul politique afin de rehausser le prestige du régime. C?est la Marine qui est chargée de l?opération et le parlement vote un crédit pour la construction d?un navire de transport, le « Luxor ». La révolution de 1830 ne change rien car le nouveau régime reprend le projet à son compte.

Ce que nous avons du mal à imaginer c?est que ce « projet fou » fut presque entièrement réalisé sans aucune machine, le démontage et le halage de l?obélisque en Egypte se firent à la force des bras ce fut la même chose pour son érection place de la Concorde. La seule machine utilisée fut un bateau à vapeur, le « Sphinx », qui servit à remorquer le « Luxor ». Ce n?était pas le premier navire à vapeur mais le premier à fonctionner correctement. Construit à Rochefort en 1829, cette corvette, c?est-à-dire un petit bâtiment de guerre destiné à des missions de transport, pouvait atteindre une vitesse de 7 noeuds (environ 13km/h).

Toute cette expédition fut conduite par quatre hommes : Appollinaire Lebas, un polytechnicien, ingénieur du génie maritime qui fut chargé des opération d?abattage, de chargement, de déchargement et de réédification de l?obélisque. Le commandant du Luxor, Raymond de Verninac Saint-Maur et son second Léon de Joannis qui fut l?illustrateur de la mission. Enfin le chirurgien major Justin Pascal Angelin qui protégea les membres de l?expédition d?une épidémie de choléra et de la dysentrie. Il constitua avec Joannis une collection de spécimen destinés au musée d?histoire naturelle.

L?exposition nous raconte cette aventure qui s?étale sur près de sept ans, entre 1829 et 1836. Deux ans entre la promesse de don de l?obélisque par l?Egypte et le départ du Luxor de Toulon, entre temps il fallu faire construire le navire. Deux ans de séjour en Egypte pour démonter l'obélisque mais aussi attendre la crue du Nil.

démontage obélisque

Élévation et plan de l?appareil d'abattage et d'érection de l'obélisque, Jean-Baptiste Apollinaire Le Bas, 1831 © Musée national de la Marine/A. Fux

Enfin près de trois ans s?écoulent entre l?arrivée en France et l?érection de l?obélisque. A l?arrivée de ce monument à Paris, un débat s?ouvre sur son emplacement. Champollion voulait le placer dans la cour carrée du Louvre mais il est mort en 1832. Louis-Philippe et son gouvernement imposent le choix de la place de la Concorde. Aménagée en 1748 ce lieu est alors chargé du mauvais souvenir des exécutions de la Révolution, plus de mille personnes y ont été décapitées dont Louis XVI, Marie-Antoinette, la comtesse du Barry, Lavoisier, Danton, Robespierre, Saint-Just. Pour Louis-Philippe le motif pour lequel l?obélisque mérite cet emplacement « C?est qu?il ne rappelle aucun évènement politique et qu?il est sûr d?y rester, tandis que vous pourriez y voir quelque jour un monument expiatoire ou une statue de la liberté».

C?est finalement le 25 octobre 1836 que l?obélisque est érigé place de la Concorde devant une foule de plus de 200.000 personnes. Le levage se fait par un ensemble de cables actionnés par 350 artilleurs, l?ingénieur Lebas qui dirige l?opération avec un porte-voix se place sous le monument car il ne veut pas survivre en cas d?échec. A midi, quand le succès semble assuré le roi Louis-Philippe apparaît au balcon de l?hôtel de la marine, à 14h30 l?obélisque repose sur son piédestal, il est coiffé d?un drapeau tricolore hissé par quatre marins et le roi donne le signal des applaudissements.

montage obélisqueÉrection de l'Obélisque de Louqsor, 25 octobre 1836, détails, aquarelle. Cayrac, 1837 MnM 15 OA 5 D Dépôt du musée du Louvre © Musée national de la Marine/P. Dantec

Trois ans plus tard les inscriptions commémoratives sont gravées à l'or fin sur le piédestal et en 1937 l'obélisque est classé monument historique. En 1998 il est recouvert d?un pyramidion doré à l?occasion de la visite du Président Moubarak, sur la suggestion de l'égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt.

Exposition Le voyage de l?obélisque au musée de la Marine, jusqu?au 6 juillet 2014

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Le grand palais royal de Mari publié le vendredi 21 février 2014

Mari est une ancienne cité mésopotamienne située sur la rive droite de l?Euphrate, à Tell Hariri en Syrie, près de la frontière irakienne. A l?occasion du 80e anniversaire de sa découverte, le Département des antiquités orientales du Louvre organise avec l?Institut du monde arabe l?exposition « Voués à Ishtar. Syrie janvier 1934, André Parrot découvre Mari ». Un bilan des recherches est également présenté dans la salle d?actualité du Département des antiquités orientales.

Il y a près de quatre mille ans la ville de Mari était une des plus importante cité de Mésopotamie. Riche de son commerce, elle commandait le trafic fluvial et le carrefour des routes qui joignent la Syrie et l?Anatolie à la haute Mésopotamie. Le commerce avec l?Elam, Chypre et la Crête permirent au roi Zimri-Lim d?étonner l?Orient par ses constructions. Le roi,qui avait restauré la ziggourat et les 25 temples de Mari se passionnait pour son palais, le plus grand de l?époque.

palais mari

Il occupait près de deux hectares et comprenait plusieurs centaines de pièces. C?était un lieu de pouvoir avec une partie officielle composée d?une cour et de l?imposante salle du trône, le roi y disposait de pièces d?apparat et d?appartements privés mais également un lieu de vie avec des magasins, des cuisines, un secteur administratif et les appartements des femmes. Le palais, très avancé pour l?époque, était pourvu d?un système de canalisations, d?égouts, de salles de bains et de toilettes. Certaines parties ornées de mosaïques, de bandeaux de couleurs et de scènes peintes à la détrempe.

fresque palais mariEn 1760 avant notre ère, le palais fut détruit et incendié par les troupes du roi Babylonien Hammourabi.

Le site fut oublié jusqu?en 1933 quand des bédouins trouvèrent une statue de type sumérien. L?archéologue André Parrot fut alors missionné en 1934 par le musée du Louvre afin de mener une exploration qu?il dirigea jusqu?en 1974. Les fouilles ont permis la découverte de 15.000 tablettes qui donnent des informations sur la vie quotidienne. Plusieurs statues de personnages royaux ou divins dont la plus célèbre est la déesse « au vase jaillissant » ? un système ingénieux permettait d?en faire réellement jaillir de l?eau, ont été retrouvées ainsi que des outils, des armes et même une collection de moules à gâteaux. L?étude du site et le déchiffrement des tablettes cunéiformes ont mis en évidence l?importance des villes syriennes du IIIe millénaire avant notre ère

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La Merveilleuse publié le vendredi 07 février 2014

Lors de ma redécouverte du musée Carnavalet dont je vous parlais la semaine dernière, mon regard fut attiré par ce portrait. Qui était cette belle jeune femme dont le regard semble se perdre dans le lointain ? Le cartel m?indiqua qu?il s?agissait de Fortunée Hamelin, peinte par Andrea Appiani en 1796, une des « Merveilleuses » du Directoire. En contemplant ce portrait peint il y a 218 ans j'ai eu envie de savoir ce que fut la vie de Fortunée durant cette période troublée.

Madame HamelinA l?été 1794, la première république sort de la « Terreur », une dictature imposée par le Comité de salut public et Robespierre. Ce dernier a été renversé par une majorité de députés de la Convention et envoyé à l?échafaud. Les Français veulent alors se libérer de cette période de peur et d?oppression, on assiste à une frénésie de plaisirs. Les bals, les spectacles et les restaurants se multiplient et profitent à une caste qui s?est enrichie de trafics plus ou moins douteux. En novembre 1794 le journal « Le messager du soir » écrit : « Les grâces et les ris (*) que la Terreur avait mis en fuite sont de retour à Paris, nos jolies femmes en perruques blondes sont adorables; les concerts, tant publics que de société sont délicieux? ».
(*) Les rires en vieux Français

En réaction à l?égalitarisme vestimentaire des sans-culottes, des modes extravagantes se répandent parmi la jeunesse dorée. Il y a d?abord les « Muscadins » nommés ainsi car ils sont parfumés de musc, portent des costumes excentriques (habit étriqué, cravate bouffante, cheveux poudrés flottants) et tiennent à la main un bâton à poignée plombée appelé « le pouvoir exécutif ». Les «  Incroyables » tirent leur nom d?un tic de langage, ils suppriment volontairement les « r » ? afin de renier publiquement la Révolution ? et répètent continuellement « C?est incoyable ». Enfin les « Merveilleuses » c'est à dire stupéfiantes dans leurs audaces vestimentaires. Sous prétexte d'en finir avec le « gothique » et le « féodal » elles adoptent le style antique, des drapés de mousseline transparents, des pantalons couleur chair, des jupes courtes à la Diane chasseresse faisant apparaître les jambes et les bras nus. Les plus jolies femmes de Paris participent avec frénésie à cette mode. Parmi elles Joséphine de Beauharnais (future épouse de Bonaparte), Theresa Cabarrus connue sous le nom de Madame Tallien, Juliette Récamier, Anne-Françoise-Élisabeth Lange dite Mademoiselle Lange et Fortunée Hamelin.

Née en 1776 à Saint Domingue aux Antilles elle était la fille d?un riche planteur qui mourut lors d?un naufrage. Envoyée en France pour parfaire son éducation elle épousa Romain Hamelin qui consolida sa fortune en devenant fournisseur des armées. La beauté exotique de Fortunée lui permit de s?introduire dans « le tout Paris » de l?époque. Les chroniques de l?époque vantent sa taille de nymphe, ses yeux marron, ses lèvres rouges, ses dents blanches et son teint très brun (ce qui ne ressort pas de son portrait). Outre son physique elle avait des talents de danseuse, montait à cheval, avait de l?esprit et un goût très sûr sur la mode.

Elle lança les robes « à la sauvage » et la couleur « cuisse de nymphe émue » la mode étant alors aux perruques elle en avait plus de 40.

Son surnom de « plus joli polisson de France » vient sans doute de cet épisode. Un jour de l?été 1796 elle se promena avec une autre Merveilleuse sur les Champs-Elysées en robe transparente, la poitrine découverte. Il se produisit alors des attroupements si menaçants qu'elles durent s'enfuir en fiacre. Pour échapper au scandale, son mari l?emmena avec lui en Italie. Elle fit alors la connaissance de Bonaparte à qui elle vouera toute sa vie un véritable culte. Un jour que le général arriva en retard à l?une de ses fêtes elle lui dit : « on voit assez que l?on ne se bat pas ici, général, vous vous y faites attendre ».

Mais les extravagances de la minorité riche et oisive des Merveilleuses et des Incroyables choquaient la grande majorité de la population attachée aux m?urs traditionnelles et scandalisée par le contraste entre ce luxe et la misère ambiante. Bonaparte le comprit très bien lorsqu?il arriva au pouvoir. Avec le retour à l?ordre les « Merveilleuses » s?assagirent car on ne tolérait plus les débordements du Directoire. Fortunée Hamelin épousa en secondes noces le banquier Ouvrard qui fut arrêté en 1807 par la police de Fouché pour ses malversations financières. Pendant la Restauration elle reste fidèle à Napoléon qu?elle aide pendant les Cent jours en l?avertissant du départ de Louis XVIII et en faisant placarder sur les murs de Paris des affiches portant le texte des trois proclamations adressées par l?Empereur à son armée et au peuple français.

Condamnée à l?exil au retour des Bourbons elle revient à Paris au bout de deux ans. Elle ouvre un salon où elle reçoit la bonne société, le prince de Talleyrand notamment et le jeune René de Chateaubriand avec qui elle aurait eu une liaison malgré leur différence d?âge. L?écrivain n?en parle pas dans ses « Mémoires d?outre-tombe » écrites à l?époque où il était devenu l?amant de Juliette Récamier qui détestait sa rivale.

Fortunée Hamelin meurt en avril 1851, elle repose au cimetière du Père Lachaise. 

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Le Louvre entre deux révolutio... publié le vendredi 24 janvier 2014

J?ai redécouvert récemment le musée Carnavalet. Y avez-vous déjà été ? C?est un musée délicieusement « rétro » situé dans le quartier du Marais, plus précisément 23 Rue de Sévigné dans le 3e arrondissement. Il est consacré à l?histoire de Paris et, pour que vous sachiez tout, Carnavalet est la déformation du nom de sa propriétaire d?origine bretonne, madame de Kernevenoy.

En me promenant dans les salles du musée, j?ai découvert un certains nombre de tableaux sur le Louvre. J?ai eu l?idée de retourner dans les salles du Louvre consacrées à son histoire pour vous offrir une promenade aux origines du musée.

Ce tableau de Jean Baptiste Nicolas Raguenet peint en 1754 représente « La Seine en aval du Pont-Neuf à Paris avec, à gauche, le Louvre et, à droite, le collège des Quatre Nations ». On voit la Grande Galerie et l'activité du port et du quai Saint-Nicolas qui se trouvaient au pied du Louvre.

La Seine en aval du Pont-Neuf à ParisAinsi que je l?avais déjà raconté, à la fin de l?ancien régime l?ancien palais des rois de France est en piteux état. Abandonné par les rois depuis Louis XIV il est « squatté » par toutes sortes d?occupants qui contribuent à la dégradation des lieux. Mais à la fin du XVIIIe siècle, l?exemple du musée du Capitole, ouvert par le Pape Clément XII en 1734 fait naître l?idée de la création d?un « muséum » : un rassemblement d'oeuvres d'art pour le public des « honnêtes gens », des antiquaires et des artistes. En 1778  le comte d'Angiviller - directeur des bâtiments du roi - crée un comité pour « l'examen approfondi et définitif de l'établissement de la Grande galerie » mais faute de moyens rien n'est réalisé. Enfin si, Jean-Jacques Lagrenée peint « l?Allégorie relative à l'établissement du Muséum dans la Grande Galerie du Louvre ». On y voit, présenté par la Peinture, la Bienfaisance et l'Immortalité, le portrait du comte d'Angiviller qui évoque son rôle prépondérant dans le projet de création du Muséum au Louvre.

l?Allégorie relative à l'établissement du MuséumC'est grâce à la Révolution que le Louvre devient un musée, un décret de la Convention fixe son ouverture en août 1793 et le premier catalogue est édité en novembre de la même année. A cette époque le musée n'a rien à voir avec ce que nous connaissons. D'abord il occupe un petit espace, ensuite il présente environ 500 tableaux, mais certains pensent déjà à l'avenir et imaginent les futurs aménagements.

Cette « Vue de la salle des Saisons au musée du Louvre » peinte en 1820 nous montre la Galerie des antiques regroupant des sculptures égyptiennes, grecques et romaines. On voit ainsi à gauche une statue de Ramsès II au milieu de statues grecques. On remarque aussi que l?on est très loin des foules du musée du XXIe siècle.

Vue de la salle des SaisonsLors de la révolution de 1830 le Louvre est le théâtre de combats entre les insurgés et les troupes du roi Charles X. Ce tableau de Paul Carpentier s?intitule « Episode du 29 juillet 1830, rue Chilpéric, face à la colonnade du Louvre ». Exposé au salon de 1831, il était accompagné de ce commentaire édifiant : « Des hommes du peuple vident les gibernes des soldats tombés sous leurs coups ; il en sort de l?argent et en même temps des cartouches. Ces braves saisissent les cartouches et repoussent avec le pied les pièces d?argent ».

Episode du 29 juillet 1830Toujours pour illustrer cet épisode, cette toile anonyme intitulée. « Combats sur le Pont Neuf et prise du Louvre le 29 juillet 1830 ».

Combats sur le Pont NeufJe finis par « La femme au chien » qui nous rappelle l?histoire de « Médor le chien fidèle du Louvre ».

La femme au chien

Lorsque le Louvre fut pris d?assaut par les insurgés, les victimes de cette attaque furent enterrées à l?angle de la colonnade du Louvre. Le chien de l?un d?entre eux, inconsolable, resta auprès de son maître enseveli au Louvre et donna son nom à des générations de chiens.

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Les salles du Levant publié le vendredi 10 janvier 2014

Cartel LevantUne partie des salles du Département des antiquités orientales est consacrée au « Levant », ce mot un peu passé de mode désigne, selon le dictionnaire, l?Est, l?Orient ou le côté de l?horizon où le soleil se lève. Toujours dans le registre des expressions anciennes il y a aussi les « Echelles du Levant », des comptoirs commerciaux établis au début du XVIe siècle par les nations chrétiennes dans les pays musulmans en Méditerranée orientale. Ce terme a pour origine les échelles accrochées aux môles des ports au bas desquelles les vaisseaux débarquaient passagers et marchandises. Pour rêver un peu sachez que les Echelles du Levant sont Constantinople, Salonique, Smyrne, Alep, Beyrouth, Chypre, Alexandrie et plusieurs îles Grecques.

C?est au milieu du XIXe siècle que le Louvre a commencé à rassembler des ?uvres de cette région du monde (Syrie, Liban et Israël) dont l?Egypte est exclue puisqu?elle bénéficie d?un Département pour elle seule. Des campagnes de fouilles menées entre les deux guerres mondiales ont permis d?enrichir ces collections. Le Levant est l?un de ces points du monde où se sont rencontrées plusieurs civilisations. C?est là qu?au milieu du IIe millénaire avant JC est élaboré l?alphabet, que les Egyptiens, les Hittites et les Assyriens ont échangé leurs marchandises et leurs savoirs, que les Phéniciens sont partis fonder Carthage.

Parmi les pièces remarquables de ces salles du musée, il y a par exemple ce masque en or Phénicien daté du Ve ou IVe siècle avant notre ère.

Masque Phénicien AO3888

Toujours en or un pectoral égyptien décoré du faucon royal trouvé dans la nécropole royale de Byblos en Phénicie, preuve de la vitalité des échanges avec l'Egypte.

Pectoral egyptisant

Ou encore ces stèles funéraires, datées du VIIe siècle avant notre ère, provenant d'un site Syrien et comportant des inscriptions en Araméen, langue que parlait Jésus.

Stèle funéraire en araméen AO3026L'une des  pièces les plus importantes des collections du « Levant » est aussi la plus ancienne du Louvre. La « statue d'Aïn Ghazal » a été trouvée en Jordanie et date de la période du « Néolithique précéramique », il y a 9.000 ans.

Statue Aïn Ghazal DAO96

A cette époque lointaine les groupes humains se regroupent dans des villages permanents, commencent à pratiquer l'agriculture et l'élevage mais n'ont pas encore inventé la céramique. La statue est prêtée au Louvre pour une durée de trente ans, en échange le Louvre a participé à la restauration et à la présentation d'un sanctuaire de Jordanie.

Dans la même salle il y aussi cette stèle noire qui passe un peu inaperçue, pourtant elle est célèbre pour une certaine catégorie de visiteurs, les témoins de Jéhovah.

stèle mesha

Elle a été érigée par Mesha, un roi Moabite qui commémore sa victoire sur les rois d'Israël vers 800 avant JC. Les Moabites sont un peuple d'agriculteurs et d'éleveurs établis au XIIIe siècle avant notre ère sur un plateau fertile à l'est de la mer morte. Ils furent en relation avec les Hébreux dès leur sortie du désert du Sinaï. Le roi Mesha raconte donc sa victoire sur Israël et le fait qu'il emporta « les vases de Yahwé ». Comme le disait « LouvreBoîte » dans son blog, les témoins de Jéhovah viennent périodiquement voir cette stèle, découverte en 1886, très importante pour eux, puisqu'elle parle de Yahwé.

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Une esquisse pour le roi publié le vendredi 27 décembre 2013

Repas de chasseLe tableau du mois, peint par François Boucher en 1735, est intitulé « Le repas de chasse ».

Quatre jeunes chasseurs se sont arrêtés pour pique-niquer. Evidemment à l?époque et dans leur milieu social on parle plutôt d?une « collation ». Des serviteurs disposent les mets sur une nappe, tandis qu?un autre s?occupe des chevaux. Un jeune noir en turban, figure classique des scènes domestiques de l?époque, apporte les liqueurs.

Nos quatre jeunes gens prennent du bon temps, ils trinquent joyeusement et celui du milieu avec un mouchoir noué sur la tête n?en est sûrement pas à son premier verre. Cela dit, il pouvait remonter sur son cheval sans craindre l?alcootest de la gendarmerie !

Cette ?uvre, entrée dans les collections du Louvre en 2013, est en fait une esquisse de François Boucher qui, en 1735, était un jeune peintre plein d?avenir. D?après la notice du musée, plusieurs artistes auraient participé à une sorte de concours pour le décor de la petite salle à manger du roi aménagée dans les combles du château de Versailles. Au final les décors furent réalisés par Nicolas Lancret et Jean-François de Troy.

On se rassure pour François Boucher puisque il est ensuite devenu favori de la marquise de Pompadour et premier peintre de Louis XV.

Je vous souhaite à toutes et tous une bonne année 2014.

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Hannibal publié le vendredi 13 décembre 2013

Dans la Cour Puget, consacrée aux sculptures Françaises, j?ai remarqué cette statue intitulée « Annibal compte les anneaux des chevaliers romains tués à la bataille de Cannes » réalisée par Sébastien SLODTZ en 1687-1688.

Hannibal

Si vous ne le savez pas ou l?avez oublié depuis vos études, Annibal ou Hannibal est un général carthaginois, dont la marche sur Rome au départ de l'Espagne entre 218 et 217 av. J.-C. est considéré comme un exploit militaire. Arrivé là je me dis qu?il vaut mieux que je vous rafraîchisse la mémoire à propos de cette histoire. Tout commence quand, vers 270 avant notre ère, Rome, qui à l?origine n?était qu?une petite bourgade, finit par dominer toute l?Italie et commence à concurrencer l?empire maritime des Carthaginois. Les Carthaginois sont les descendants des marins Phéniciens qui ont fondé une colonie en Afrique du nord, laquelle est devenu la capitale d?un empire maritime. La rivalité entre Rome et Carthage débouche alors sur trois guerres dites « Puniques » qui durent 118 ans, de 264 à 146 avant notre ère et dont l?enjeu est la suprématie en Méditerranée occidentale. Pourquoi les appelle-t-on guerres « Puniques » ? Parce que l'adjectif « Punique » est dérivé de « Poeni », nom par lequel les Romains désignaient les Carthaginois.

La première guerre (264 ? 241) se déroule en Sicile, c?est Rome qui déclenche les hostilités et finit par gagner. Carthage qui doit verser une indemnité de guerre, perd la Sicile, la Sardaigne et la Corse. C?est lors de la seconde guerre qu?entre en scène Hannibal qui a été élevé dans la haine de Rome. Devenu chef de l?armée il décide d?aller porter la guerre en Italie. Sa marche sur Rome débute en 218 av. J.-C.  Avec 40 000 hommes environ, de la cavalerie et un grand nombre d'éléphants, il franchit les Pyrénées et le Rhône, traverse les Alpes malgré les tempêtes de neige, les glissements de terrain et les attaques des tribus montagnardes hostiles. Malgré ses pertes, il inflige plusieurs défaites aux armées romaines. Au printemps de 216 av. J.-C., à Cannes, il anéantit une armée romaine de plus de 50 000 hommes commandée par les consuls Paul Émile et Varron. Bien qu?il semble près de la victoire finale, Hannibal finit par échouer. Les autorités Carthaginoises, jalouses de ses succès, ne lui envoient pas les renforts demandés. De leur côté les romains se ressaisissent et envoient le général Scipion porter la guerre aux portes de Carthage. Hannibal, rappelé pour défendre sa cité, est vaincu lors de la bataille de Zama en 202 qui marque la défaite de Carthage.

Hannibal prépare aussitôt une reprise des hostilités, s?attaque à la corruption au sein du gouvernement et assainit les finances de la cité. Accusé par les Romains de vouloir rompre la paix, il est obligé de quitter Carthage et se réfugie à la cour du roi de Syrie. À ses côtés, il combat contre les Romains, mais lorsque le roi est battu et signe un traité avec Rome prévoyant de livrer Hannibal, ce dernier se réfugie dans le nord de l'Asie Mineure auprès du roi de Bithynie. Lorsque Rome demande à nouveau qu'on lui livre Hannibal, celui-ci s'empoisonne. Selon l?écrivain Romain Tite Live Hannibal « était le plus audacieux de tous pour affronter les dangers, le plus sage dans les dangers ». Sur la statue il est représenté victorieux, foulant à ses pieds les étendards romains et leur devise SPQR « Senatus PopulusQue Romanus » ce qui veut dire « Le Sénat et le peuple Romain ». Nul doute que s?il avait été vainqueur, l?histoire telle que nous la connaissons aurait été bien différente.

Pieds HannibalQuand à Carthage, après la seconde guerre punique, elle n?est plus une puissance militaire mais reste une puissance économique ce qui irrite les Romains qui trouvent un prétexte pour attaquer la ville et la détruire complètement lors de la troisième guerre punique de 149 à 146 avant notre ère.

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Jean Cousin père et fils - Une... publié le vendredi 29 novembre 2013

affiche jean cousinJean Cousin (1490 ? 1560) est un peintre, dessinateur, décorateur et graveur français de la Renaissance. Né à Sens il fut l'élève de deux maîtres verriers. Il y vécut jusqu'en 1540 et y réalisa, entre autres, les vitraux de la chapelle Saint-Eutrope. Puis il se fixe à Paris où il poursuit son ?uvre, élaborant, un style à la fois raffiné et monumental.

Parmi ses meilleures productions, on peut citer les vitraux de la chapelle de Vincennes, ou ceux du ch?ur de l'église Saint-Gervais à Paris. Il est également l'auteur d'un traité d'architecture, le Livre de perspective (1560), mais surtout de nombreux portraits et tableaux religieux, comme le Jugement dernier. Son oeuvre la plus célèbre est le tableau ?Eva Prima Pandora? un grand nu féminin qui se trouve au Louvre. Jean Cousin a aussi travaillé pour les armuriers du roi, car au XVIe l'armure est aussi un habit de parade. Il ainsi participé à la création d?une armure décorée sur le thème de mars et de la Victoire pour le jeune roi François II.

Son fils, qui s?appelait également Jean Cousin, fut son continuateur si bien qu?il est parfois difficile de distinguer les oeuvres du père et du fils. L?oeuvre du père et du fils s?étend ainsi sur près de 60 années de l?art Français.

Cette exposition est un hommage à ces artistes polyvalents avec des dessins, des sculptures, des estampes, des livres à gravures, une tapisserie, une broderie et une pièce d?armure.

Le département des arts graphiques a organisé une présentation qui réunit toutes les oeuvres de Cousin dispersées à travers le Louvre. Le musée possède en effet les principales pièces de l'artiste dans la domaine de la peinture, la tapisserie et la sculpture. D?autres musées ont été mis à contribution, une statue vient de Chartres, un tableau de Montpellier, des dessins d'Angers et Rennes, des pièces des musées d'Ecouen et de l'armée.

Jean Cousin père et fils - Jusqu?au 13 janvier 2014 - Aile Denon, 1er étage, salles Mollien.

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Le printemps de la Renaissance publié le vendredi 15 novembre 2013

affiche printemps renaissanceLe terme de ?Renaissance ?est utilisé pour la première fois par l?historien Français Jules Michelet en 1855, il la décrit comme la naissance de l?individualisme et de la liberté. Pour d?autres historiens la Renaissance est une période où l?individu s?affirme en tant que tel alors qu?au moyen-âge il n?existait que comme membre d?une communauté, d?une corporation ou d?un ordre religieux.

Traditionnellement on considère que l?évènement fondateur de la Renaissance est le concours des portes du baptistère de Florence en 1401.

Pourquoi Florence à cette période ?

La ville est alors un état prospère, la production de tissus et de laine enrichit de nombreux Florentins, les marchands et les artisans forment de puissantes guildes qui donnent à la ville une certaine stabilité. Cette ville n?est pas dirigée par les nobles mais par les marchands et les banquiers qui ont instauré une sorte de république. Les citoyens de Florence se considèrent comme les héritiers de la Rome républicaine. Des artistes, attirés par la prospérité de la cité, cherchent une nouvelle inspiration parmi les nombreux vestiges antiques qui subsistent en Italie. L?exposition s?ouvre ainsi sur le ?cratère des talents? une pièce antique qui fut longtemps visible devant la cathédrale de Pise. En 1401 les dirigeants de Florence veulent renouveler les portes du baptistère de la ville, ils ont alors l?idée d?un concours. Six sculpteurs participent à cette compétition dont le thème est le sacrifice d?Isaac, une des histoires les plus connues de la Bible. Dieu voulut éprouver la foi d'Abraham en lui demandant de sacrifier son fils. Au dernier moment, Dieu, convaincu de la parfaite obéissance du père comme du fils, remplaça l'enfant par un bélier. Cette histoire exprimerait le rejet par les Hébreux des sacrifices humains pratiqués par les nations voisines. C?est Lorenzo Ghiberti qui remporta le concours et obtint sa première commande majeure. Commencée en 1403, l??uvre ne fut achevée que vingt ans plus tard.

L?exposition s?attache principalement à la sculpture qui, au début de la Renaissance, est un art majeur car les nombreuses statues antiques servaient d?inspiration aux sculpteurs. On peut donc admirer les deux versions du sacrifice d?Isaac, celle de Ghiberti le lauréat mais également celle de Filippo Brunelleschi. Cette époque est aussi celle des innovations techniques, le bas reliefs ?Saint Georges et le dragon? de Donatello utilise, pour la première fois, un effet de perspective.

L?architecture est en plein essor, le modèle en bois de la coupole de Santa Maria de Fiore montre que la ville s?affirme par ses monuments.

Vers le milieu du XVe siècle le contexte politique change la famille Médicis impose sa domination et la république laisse la place à un régime aristocratique. Les artistes recoivent alors des commandes de bustes portraits dits ?à la florentine?, l?un des fleurons de l?exposition est le buste de Maria Strozzi effectué par Desiderio da Settignano vers 1464.

« Le printemps de la Renaissance » Hall Napoléon, sous la pyramide ? jusqu?au 6 janvier 2014

 

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Vendredi dernier au Louvre publié le vendredi 01 novembre 2013

Vendredi dernier, le 25 octobre donc, j'étais au Louvre afin de préparer de futurs articles. De cette journée, je vous rapporte deux « instantanés ». Tout d'abord cette photo du chantier de la rénovation de l'escalier Daru et de la victoire de Samothrace dont je vous parlais ici.

chantier daru

J'ai également assisté à la performance artistique de l'artiste conceptuel  Olaf Nicolai qui a invité onze compositeurs internationaux à écrire des chansons « a capella ». Ces pièces s?inspirent des faits marquants de l?actualité politique de l'année 2011. Cette performance intitulée « Escalier du chant » a été créée à la  Pinakothek der Moderne de Munich, et pour l'occasion transposée dans la Cour Puget du Louvre. Je vous en livre un résumé en vidéo, à vous de juger.   


Escalier du chant par Louvre-passion

 

 

 


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Désirs et volupté à l?époque v... publié le vendredi 18 octobre 2013

Affiche expositionChose rare qui mérite d?être signalée, à cette exposition du musée Jacquemart-André les photos sont autorisées ce qui me permet de bien illustrer cet article. Historiquement ce que l'on appelle « l'ère victorienne » correspond au règne de Victoria reine de Grande-Bretagne et d?Irlande, puis impératrice des Indes  entre 1837 et 1901. Ce règne exceptionnellement long (soixante-trois ans), a marqué la Grande-Bretagne alors à l?apogée de sa puissance. Le pays est alors régi par une morale rigoureuse empreinte de puritanisme et de conformisme social. Si la reine Victoria en tant que monarque constitutionnel n'a pas de réel pouvoir, par sa droiture morale, sa dignité et l?austérité de sa cour, elle incarne et influence les vertus et les préjugés de cette nouvelle bourgeoisie britannique.

En réaction à ce puritanisme étouffant et à la laideur de l'industrialisation naissante, tout un courant artistique se lance dans une quête de la beauté qui s'exprime par un retour à l'antique, de somptueuses peintures décoratives et le nu féminin. C'est « l'Aesthetic movement » qui avait déjà fait l'objet de l'exposition « Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde » en 2011 au  musée d'Orsay.

Les artistes déclinent le « désir d'antique » car la bourgeoisie anglaise nourrie de culture classique se passionne pour les fouilles archéologiques de Grèce et d'Italie. Le peintre Lawrence Alma-Tadema « surfe » avec succès sur cette tendance. Son tableau « Les roses d'Hiélogabale » retrace l'histoire de ce banquet au cours duquel l'empereur romain  Héliogabale aurait fait déverser sur les convives une telle pluie de pétales de roses que certains d'entre-deux en furent étouffés. On le voit ainsi sur une estrade avec ses proches se réjouir avec cruauté de l'agonie des convives.

Les rose d'HéliogabaleLe « Moïse sauvé des eaux » de eaux de Frederic Goodall allie la redécouverte de l'Egypte antique, le thème de la Bible auquel s'ajoute les nus féminins de la fille de Pharaon et de ses suivantes.

Moïse sauvé des eauxDans le tableau daté de 1868, est intitulé "Le Quatuor, hommage du peintre à l?art de la musique" le peintre Albert Joseph Moore s'inspire des fresques du Parthénon tout en étant volontairement anachronique, car les musiciens jouent avec des instruments du XIXe siècle. L'artiste y ajoute en plus une touche discrètement érotique, les draperies laissant entrevoir les formes des femmes debout de dos.

Le quatuor hommage du peintre-copie-1«Les Remparts de la maison de Dieu » de John M. Strudwick est une illustration de la tendance « préraphaélite », s?opposant au matérialisme victorien et aux conventions néoclassiques de l?art académique, les préraphaélites réunis autour de Dante Gabriel Rossetti réagissent contre la peinture officielle, et prônent un retour à la nature prenant comme modèles les primitifs italiens antérieurs à Raphaël. Ce tableau représente deux âmes accueillies au paradis par des anges.

Les remparts de la maison de DieuA cette époque le nu devient un genre à part entière dans la peinture anglaise. Le prétexte mythologique permet aux peintres de présenter des ?uvres sensuelles. Frédéric Leighton s'inspire des compositions d'Ingres qu'il a rencontré à Paris. Avec « Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle » (vers 1880), il reprend le thème d?un nu féminin placé sur un fond de paysage.

Crenaia la nympheSi la femme de l'époque victorienne est cantonnée à son rôle d'épouse et de maîtresse de maison juridiquement inférieure à son mari, elle est magnifiée par les artistes. Mais ces derniers projettent leur idéal masculin sur une femme idéale d'une beauté évanescente et intemporelle. John W. Goodward peint ainsi « L'absence fait grandir l'amour », une jeune fille à la beauté classique dont les vêtements, d?un coloris chaud alliant le rose et l?orange, se marient à merveille avec son teint hâlé et ses cheveux noirs de méditerranéenne.

L'absence fait grandir l'amourCe même type de composition se retrouve dans « La joueuse de Saz » de William C. Wontner. Il y a ici un contraste entre la jeune fille indubitablement britannique et ses vêtements et l'instrument de musique de style oriental.

La joueuse de sazCe mouvement artistique ne survécu pas à la première guerre mondiale et les artistes tombèrent dans l'oubli. Il connaît ensuite un regain d'intérêt depuis les années 1960, les musées de Grande-Bretagne  l'ayant remis au goût du jour. Quand aux ?uvres présentées dans cette exposition, elles proviennent de la collection de l'homme d'affaire mexicain Juan Antonio Pérez Simon.

Désirs et volupté à l?époque victorienne au musée Jacquemart-André jusqu?au 20 janvier 2014.

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Romulus et Rémus recueillis pa... publié le vendredi 04 octobre 2013

Ce tableau peint vers 1643 par Pietro BERRETTINI, dit Pierre de CORTONE représente le moment où le berger Faustulus rapporte chez lui Romulus et Rémus, chose curieuse on ne voit qu?un seul enfant dans ses bras. Sa femme, semble ravie de l?arrivée de ces nouveaux enfants. Rome dont la fondation remonte à 753 avant notre ère était à l?origine une bourgade parmi les autres. Quand les Romains finirent par dominer toute l?Italie puis le bassin méditerranéen, ils se créèrent un corpus de légendes censées leur donner une origine divine et justifier ainsi leur domination. Ainsi en est-il de la l?histoire de Romulus et Rémus.

Romulus et Rémus INV. 111Ces deux jumeaux étaient les fils du dieu Mars et de la vestale Rhéa Silvia, fille du roi de la ville d?Albe, Numitor, qui avait été déposé par son frère Amulius. Afin d?éviter que Rhéa Silvia ait un enfant qui puisse prétendre au trône, Amulius en avait fait une vestale, c'est-à-dire une prêtresse censée rester vierge. Mis devant le fait accompli de cette naissance, Amulius fit alors déposer les jumeaux dans un panier qui fut jeté dans le Tibre. Cependant les deux jumeaux ne furent pas noyés. Recueillis et nourris par une louve sur les pentes du mont Palatin ils furent découverts par le berger Faustulus qui les éleva avec sa femme, Acca Larentia. Devenus adultes, Romulus et Rémus déposèrent Amulius et rétablirent leur grand-père Numitor sur le trône d'Albe. Les deux frères décidèrent ensuite de fonder leur propre ville. Arrivés sur le site de la future Rome, Romulus traça le sillon de l?enceinte et interdit à quiconque la franchir. Rémus ayant franchi cette limite par dérision il fut tué par Romulus qui devint le seul maître de la ville.

La nouvelle ville est d?abord un refuge pour les esclaves évadés et les hors-la-loi. La cité étant d?abord exclusivement masculine, les romains enlèvent les femmes d?un peuple voisin, les Sabins. Selon l?historien romain Tite-Live les Sabines sont toutefois respectées par les romains, Romulus leur laisse le choix et leur promet les droits civiques. Mais les Sabins désireux de venger ce rapt entrent en guerre avec Rome, après plusieurs batailles ce sont les Sabines qui s?interposent entre les deux armées et mettent fin au conflit. Devenu roi, Romulus entreprend ensuite l'organisation de la ville en créant un conseil de sénateurs et une assemblée du peuple, à sa mort il est emmené au ciel pour être honoré sous le nom du dieu Quirinus.

Ce récit est le mythe typique attaché aux héros, les mêmes mésaventures ayant été attribuées à d?autres célébrités. On pense tout naturellement à Moïse, victime du pharaon d?Égypte qui a ordonné la mise à mort de tous les jeunes garçons nouveau-nés des Hébreux. Pour sauver son fils, la mère de Moïse le dépose dans une corbeille sur les rives du Nil. L?enfant est recueilli par la fille du pharaon, qui l?élève comme son fils et  lui donne le nom de Moïse, c'est-à-dire « sauvé des eaux ». L?historien Grec Hérodote raconte une histoire similaire à propos du fondateur de l?empire Perse Cyrus II, dit Cyrus le Grand, qui régna de 559 à 529 av JC : Dans ce récit, Astyage le roi des Mèdes vit en rêve que son petit-fils Cyrus deviendrait roi à sa place : il ordonna à Harpage, l?un de ses parents, de faire disparaître l?enfant. Harpage, ne voulant pas commettre ce crime, le confia à un bouvier qui l?éleva. Devenu adulte Cyrus revendiqua alors son trône et devint le roi des Perses.

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Retour vers le futur publié le vendredi 20 septembre 2013

Retour vers FuturSi je vous dis « Retour vers le futur » vous pensez bien sûr à ce film de science-fiction américain réalisé en 1985 qui raconte le voyage dans le passé d'un adolescent, Marty McFly, propulsé accidentellement en 1955 où il rencontre ses (futurs) parents alors eux-mêmes adolescents.

Je n?ai pas voyagé dans le temps, faute d?une « DeLorean » trafiquée par un savant fou, mais j?ai reçu un guide du musée du Louvre qui est lui même une pièce de collection car j'estime qu'il a été édité il y a environ cinquante ans. Je dis bien « j'estime » car l'ouvrage n'a aucune date de publication, mais en le lisant j'ai trouvé quelques indices. Par exemple on lit qu'une « présentation provisoire du Département des peintures est en place depuis le printemps 1960 ». Plus loin que dans sept grandes salles sont exposés depuis le printemps 1960 sept cent tableaux de toutes les écoles antérieures à 1800.

Je vous propose donc de m?accompagner ? virtuellement ? dans le passé pour visiter le Louvre tel qu?il était au début des années soixante du siècle dernier (eh oui !).

couverture guideCommençons par cette photo aérienne de la cour Napoléon de l?époque, sans la pyramide évidemment, mais avec son square miteux sans oublier qu?une bonne partie du lieu servait de parking à voitures.

Cour NapoléonLe musée était ouvert de 10h à 17h sauf le mardi et gratuit le dimanche. Son entrée principale la porte Denon, les autres accès étant la porte Barbet-de-Jouy, la porte la Trémoille et la porte Saint-Germain-l'Auxerrois. Le prix du billet n?est pas indiqué dans le guide mais dans les pages publicitaires le prix d?entrée des autres musées est fixé à « 1 NF ». Comme à l?époque les musées étaient gérés directement par le ministère de la culture on peut donc supposer que le tarif était le même pour le Louvre. Pour estimer le coût actuel de ce billet d?entrée à un franc, ce comparateur de l?INSEE nous indique que « compte tenu de l'érosion monétaire due à l'inflation, le pouvoir d'achat de 1 franc en 1960 est donc le même que celui de 1,56 euros en 2012 ». Pour mémoire le prix actuel du billet est de 12 euros pour les collections permanentes.

Le plan du musée nous rappelle que l?aile Richelieu était occupée par le ministère des finances, le musée l?ayant récupérée définitivement en 1993.

Plan du LouvreEn 1953 une nouvelle présentation a classé les peintures par époques et par style et dans les années soixante la Joconde était dans la Grande Galerie. D?un point de vue technologique le musée avait encore bien du chemin à parcourir : Des affiches annonçaient les jours où avaient lieu les éclairages du soir et (un seul ?) ascenseur dans le vestibule Denon permettait aux personnes âgées ou infirmes de gagner le premier étage. Plus loin il est indiqué que des travaux destinés à l'installation de l'électricité dans la galerie Campana étaient en cours. 

Les collections du musée étaient plus étendues dans la mesure où le Louvre abritait les ?uvres du futur musée d?Orsay notamment les impressionnistes. A l?inverse il y avait une seule « salle musulmane » dont on apprend qu?elle avait été rattachée en 1945 au Département des antiquités orientales. Enfin une ?uvre contemporaine était installée en 1953 dans le musée en l?occurrence « les Oiseaux » de Braque.

De retour en ce début du XXIe siècle nous nous rendons compte que les choses ont bien changé. A l?époque de ce guide on ouvrait le musée le matin puis on le fermait le soir sans vraiment se préoccuper du public. Alors faut-il regretter le « vieux Louvre » ? Une sorte de temple de la culture, conçu par des conservateurs pour des amateurs éclairés. Un lieu un peu poussiéreux où l?on venait se recueillir devant les chefs-d??uvre. Bien sûr certains objecteront que le musée était alors beaucoup plus tranquille.

A mon avis le débat n?est pas là. Le passé est le passé et tous les grands musées du monde ont évolué sous peine de sombrer dans l?oubli. Alors profitons de ce que le présent nous offre, un musée moderne, bien mis en valeur avec de vrais efforts pour l?accueil du public. Quand aux inconvénients de l?époque actuelle (la foule, le bruit?.) il est relativement facile de les éviter si vous suivez les conseils avisés de « Louvre-passion », le blog qui, après vous avoir emmené dans la galaxie, vous fait aussi voyager dans le temps !     

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La Victoire de Samothrace se r... publié le vendredi 06 septembre 2013

Depuis le début du mois de septembre la Victoire de Samothrace se refait une beauté. Cette ?uvre qui date du IIe siècle avant J.-C représente la déesse messagère de la victoire posée sur la proue d?un navire. Elle fut découverte en 1863 dans l'île de Samothrace au nord est de la mer Egée. Il fallu plusieurs campagnes de fouilles pour la reconstituer (sans la tête qui n'a pas été retrouvée).

Victoire SamothraceLe « lifting » de cette célébrité du Louvre va durer plus d?un an et demi. La Victoire de Samothrace sera descendue de son socle pour être nettoyée (elle est composée de plusieurs types de marbre). Les 23 blocs de la proue du bateau seront démontés et nettoyés. Lors du remontage l?assemblage sera vérifié et complété par des fragments qui étaient resté en réserve. En outre une analyse est prévue avec le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France pour compléter les informations sur l?état de la statue.

Depuis 1883 la Victoire de Samothrace est installée là où nous avons l?habitude de la trouver, au sommet du monumental escalier Daru. En 130 ans de présence elle n?a été déplacée qu?une seule fois, lors de l?évacuation de toutes les ?uvres du musée durant la seconde guerre mondiale. Cet escalier a été construit par Lefuel entre 1855 et 1857 et achevé sous la troisième République, son décor actuel date de 1934. Il doit son nom au comte d'empire Pierre-Bruno Daru (1767 ? 1829) qui fit une brillante carrière administrative sous Napoléon qu'il tenta d?ailleurs de dissuader d'envahir la Russie. Au Louvre il a donné son nom à un escalier, un pavillon et une galerie.

Escalier Daru

L?escalier Daru qui est emprunté tous les jours par des flots de visiteurs va également bénéficier d?une rénovation complète : Les murs, les sols, les voûtes et les garde-corps seront remis en état et nettoyés.

Au final nous devrions retrouver notre Victoire de Samothrace au printemps 2015, toute pimpante dans son nouveau décor.

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Une nouvelle acquisition pour ... publié le vendredi 19 juillet 2013

Une nouvelle ?uvre a fait son entrée au Département des antiquités Egyptiennes. Il s'agit d'une statuette en bois du début de la XIIe dynastie (aux environs de 1900 avant notre ère) intitulée « Dame Henen issue de la tombe du trésorier Nakhti ».

Dame HenenElle représente une jeune femme nue parée de bijoux (bracelets et colliers) et portant des sandales. Pendant longtemps les égyptologues ont interprété ces statues dites « belles nudités » comme des représentations de concubines. En fait le dictionnaire de la civilisation égyptienne dirigé par Georges Posener nous apprend que « L'Egypte ignora longtemps la pruderie vestimentaire. Avant la XIXe dynastie, aller nu est licite, même pour un adulte ». De plus cette statue était dans la tombe de la Dame Henen et portait son nom, il s'agit donc du symbole de l'épouse du défunt.

Le trésorier Nakhti était sans doute un personnage important car dans l'Egypte antique le trésor était chargé de centraliser tous les produits que le pays devait à la « grande maison » c'est à dire au palais royal, en bref l'équivalent de notre administration fiscale. Le trésorier Nakhti s'était donc fait bâtir la plus importante tombe de la nécropole d'Assiout ce qui est attesté par le nombre et de la qualité des objets retrouvés. La tombe avait aussi bénéficié d'un important service funéraire puisque les archéologues ont retrouvé la chapelle remplie d'offrandes.

La statuette a été trouvée en 1903 lors des fouilles de l'école Française du Caire dans la nécropole d'Assiout, elle entra ensuite dans la collection du sultan Omar Pacha. A sa mort, en 1929, elle fut achetée par un célèbre collectionneur, puis revendue en 1995. Le dernier propriétaire l'a mise en vente au début de l'année 2013 aux Etats-Unis. Grâce aux soutien des amis du Louvre cette ?uvre a rejoint l'ensemble funéraire dont elle faisait initialement partie.

La Dame Henen issue de la tombe du trésorier Nakhti est désormais visible dans la salle 23 au premier étage de l'aile Sully.

Quant à Louvre-passion, il se met en congé d'été et vous donne rendez-vous vendredi 6 septembre 2013.

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